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La défense, voie de diversification pour un secteur automobile à la peine
information fournie par Boursorama avec Media Services 05/08/2026 à 18:19
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Ces deux dernières semaines, deux équipementiers automobiles français, Forvia et Valeo, ont annoncé se lancer dans les drones militaires.

Un robot d'une usine Valeo à Sablé-sur-Sarthe, en 2017 (illustration) ( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )

Un robot d'une usine Valeo à Sablé-sur-Sarthe, en 2017 (illustration) ( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )

Entre usines sous-utilisées, concurrence chinoise et morosité du marché mondial, certains acteurs de l'industrie automobile française lorgnent désormais vers le secteur de la défense, espérant trouver de nouveaux débouchés sur fond de hausse programmée des dépenses militaires.

En France, trois usines devraient commencer à produire des drones d'ici la fin de l'année, selon des accords déjà conclus entre le constructeur français de drones Delair et l'équipementier automobile allemand Schaeffler, ainsi qu'entre le constructeur Renault et les entreprises de défense Turgis Gaillard d'une part et Thales d'autre part.

Avec la hausse des dépenses militaires en Europe sur fond de guerre en Ukraine et de désengagement américain de l'Otan, ces partenariats permettent aux industriels de l'automobile, qui manquent d'activité, de "mettre à disposition leurs capacités d'industrialisation de masse" et de répondre aux besoins de "montée en cadence rapide" de la filière de la défense, a expliqué à l'AFP Pierre Paturel, expert énergie et mobilité au cabinet d'études Xerfi.

Avec des objectifs de production de quelques centaines de drones par mois, "ça ne représente pas grand-chose" pour le chiffre d'affaires d'un groupe mondial, mais à l'échelle d'une usine, "ça peut permettre de garder des compétences en attendant des jours meilleurs, voire d'embaucher avec le surplus d'activité", a-t-il ajouté.

Il s'agit surtout de mettre en place un appareil de production capable de répondre à la demande si l'Europe passe en économie de guerre. A ce stade, "on est dans un cycle de rattrapage" des capacités de production, a renchéri Eric Espérance, expert automobile au cabinet de conseil international Roland Berger.

Opportunités pour la croissance et les marges

Pour Forvia (ex-Faurecia), qui va assembler des drones pour une entreprise européenne de défense dont le nom n'a pas été dévoilé, "c'est logique et intéressant" de s'étendre sur des "marchés adjacents" comme la défense, a expliqué vendredi le directeur financier du groupe, Olivier Durand, lors d'une visioconférence de presse.

"Ça nous permet d'utiliser nos capacités et nos produits", sans avoir à investir, a-t-il souligné.

"On ne cherche pas à développer de nouvelles technologies" mais à "décliner celles que nous avons déjà dans d'autres secteurs d'activité que l'automobile", a observé Christophe Périllat, directeur général de Valeo, lors d'un récent déjeuner de presse.

Selon lui, la diversification dans la défense offre de "formidables opportunités" en matière de croissance et de marges, d'autant que le secteur automobile est bien placé pour "répondre au besoin de souveraineté".

A partir de 2027, Valeo va produire dans un de ses sites français des moteurs électriques sans terres rares critiques pour les drones de la start-up française Harmattan AI.

Même si les incursions des acteurs de l'automobile dans le secteur de la défense s'observent aussi en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni, aujourd'hui "le national prime, parce qu'à la fin le donneur d'ordre, c'est le ministère de la Défense" et les modes opératoires des armées diffèrent d'un pays à l'autre, a noté M. Espérance.

Amortir les crises

En plus de mobiliser des capacités de production inutilisées, l'expansion de l'industrie de la défense européenne peut aussi faciliter la réorganisation de groupes automobiles en difficulté.

Engagé depuis 2024 dans un vaste plan de restructuration, Forvia a ainsi annoncé mi-juin projeter de vendre son site d'Augsbourg, en Allemagne, à General Dynamics European Land Systems (GDELS), branche européenne du groupe américain de défense General Dynamics.

Avec cet accord, "on sauve 300 postes, on fait des économies de restructuration" et on transfère notre capacité à "savoir faire des produits en temps, en heure, en qualité et en volume" à des activités de défense, a résumé M. Durand.

Au-delà de la défense, les acteurs de l'automobile étendent aussi leurs activités dans d'autres secteurs moins dépendants de la conjoncture économique générale.

L'idée c'est de "se diversifier dans d'autres secteurs dits anticycliques" qui pourraient servir d'amortisseur face aux crises successives qui pénalisent l'automobile depuis la pandémie de COVID-19, résume M. Espérance, en évoquant les centres de données ou les humanoïdes par exemple.

8 commentaires

  • 06 août 15:50

    @Harobaze78, Poutine a eu quelques occasions d'arrêter la guerre. Zelensky était même prêt à lui laisser certains des territoires conquis. Et l'Europe ne s'était pas opposée à ce compromis. Poutine a été plus gourmand et a souhaité pousser sa chance en poursuivant la guerre.
    Je suis donc convaincu que les russes sont plus motivés que les occidentaux à poursuivre la guerre.


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